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Portraits de Lambescains
Publié en octobre 2026
Installé à Lambesc depuis trois ans, Benjamin Alexandre a derrière lui un parcours qui semble parfois tout droit sorti d’un scénario. Chanteur, chef de chœur et pédagogue, il a chanté au Vatican, parcouru le monde, croisé des personnalités comme Jean-Paul II, Audrey Hepburn ou Aimé Césaire… Mais lorsqu’il raconte sa vie, ce ne sont jamais les projecteurs qui brillent le plus. Ce sont les rencontres.
Il y a des personnes dont on retient d’abord le parcours. De Benjamin Alexandre, on retient surtout le regard. Un regard qui s’illumine lorsqu’il parle de musique, de transmission ou simplement des autres. Et lorsqu’il ouvre son « book » de souvenirs, les anecdotes semblent surgir les unes après les autres, presque comme si elles étaient arrivées par hasard.
À 9 ans, Benjamin rejoint les Petits Chanteurs à la Croix de Bois. Peu après, un casting à Albi réunit 800 candidats. Il en ressort avec le premier prix d’un radio-crochet présenté par Jacques Martin. Le jeune garçon ne sait alors pas encore qui est cet animateur de télévision qui lui propose de chanter en première partie d’un spectacle. Cette rencontre sera pourtant la première d’une longue série.
Des portes qui s’ouvrent
Sa voix, hors du commun, va l’emmener bien plus loin qu’il ne l’imagine. Benjamin est en effet sopraniste : une particularité vocale rare qui lui permet de chanter aussi bien dans les graves que dans les aigus. Il découvre cette singularité à 17 ans, après avoir perdu sa voix pendant trois mois. Un spécialiste lui révèle alors qu’il est né avec un dédoublement des cordes vocales.
Mais au-delà de cette particularité physiologique, Benjamin insiste sur le travail. « Un don qui n’est pas travaillé, ça ne sert pas à grand-chose », explique-t-il. Respiration, technique, écoute : la voix est un instrument qui se cultive.
Et cette voix va lui ouvrir des portes pour le moins inattendues.
Un jour, alors qu’il est en vacances en Italie, il chante discrètement derrière sa compagne pendant qu’un organiste joue dans une église. Le pape Jean-Paul II se retourne, pensant d’abord que c’est elle qui chante. Quelques mots échangés, une invitation à venir répéter… et quelques jours plus tard, Benjamin se retrouve à chanter devant 170 000 personnes. Jean-Paul II lui prend alors les mains et lui dit : « Vous m’avez apporté la lumière. »
Benjamin deviendra son soliste pendant cinq ans, participera aux messes papales et enregistrera deux albums qui obtiendront chacun un disque d’or.
Il raconte cette histoire avec émotion, mais sans jamais s’en attribuer le mérite. « J’ai eu beaucoup de chance dans ma vie », répète-t-il. Comme si toutes ces rencontres lui avaient été offertes.
Et elles sont nombreuses. Il sera sociétaire de la Villa Médicis à Rome, travaillera avec le World Philharmonic Orchestra, participera à des projets pour l’UNICEF et croisera notamment Audrey Hepburn, alors ambassadrice de l’organisation. Il passera à la télévision aux côtés de Bruno Masure et Christophe Dechavanne, remportera le premier prix d’une émission de Guy Lux… Il chantera en Martinique, en Guyane, au Brésil, au Japon et dans de nombreux autres pays.
Pourtant, lorsqu’il évoque toutes ces personnalités, Benjamin ne parle jamais de « réseau ». Il parle de liens.
« Je n’ai pas d’amis dans le métier, je n’ai que des liens. Mais c’est important, le lien. Le lien veut dire respect. »
Donner plutôt qu’exister
Peut-être est-ce là que se trouve le véritable fil rouge de son parcours.
Car Benjamin aurait pu se satisfaire de cette carrière hors-norme. Il a choisi de mettre son expérience au service des autres.
Depuis cinq ans, il accompagne bénévolement une chorale composée d’une vingtaine d’adultes en situation de handicap. Certains vivent avec un syndrome d’Asperger, d’autres sont autistes ou trisomiques. Ils ont entre 20 et 55 ans.
Deux fois par semaine, Benjamin travaille avec eux la respiration, la technique vocale, mais surtout l’écoute et la confiance. Les chansons deviennent aussi un moyen d’exprimer ce qu’ils vivent. Ensemble, ils réécrivent les paroles, racontent leur quotidien, rient énormément.
« No judgement », leur répète-t-il. Ici, on ne juge pas. On s’apprécie, on écoute, on essaie de comprendre.
Et les progrès sont parfois bouleversants. « Quand je vois les personnes qui se sont inscrites qui ne parlaient pas et qui chantent, et que j’en ai inscrites au Conservatoire d’Aix-en-Provence… je me dis : voilà, là j’ai tout gagné. »
Cette phrase en dit peut-être plus sur Benjamin que toutes les distinctions de sa carrière.
Car son engagement ne s’arrête pas là. Avec l’Ordre de Malte, il participe à la collecte et à la distribution de denrées alimentaires, en lien avec d’autres associations. Il donne également des concerts au profit de causes qui lui tiennent à cœur : pour aider à financer la réfection d’un bateau destiné à des enfants atteints de cancer, pour restaurer une chapelle sur la montagne Sainte-Victoire ou, demain peut-être, pour soutenir une association lambescaine.
« Je n’ai rien à gagner et j’ai tout à donner. »
La formule pourrait résumer sa philosophie.
Faire grandir
À Lambesc, où il a posé ses valises il y a trois ans après avoir vécu notamment quinze ans à Puyricard, Benjamin poursuit ce chemin entre cours de chant, concerts et direction de chœurs.
Il aime particulièrement prendre les ensembles lorsqu’ils débutent. Non pas pour leur imposer sa manière de faire, mais pour les voir évoluer. « Mon but, c’est de prendre les tout-petits et de les faire grandir. » Il croit à l’encouragement, à la bienveillance, et refuse l’idée de demander aux autres de « faire comme lui ». Chacun doit trouver sa propre voix.
Il espère un jour chanter dans la grande salle Espace Harmonie. Mais il n’attend pas les grandes scènes pour s’investir : s’il peut donner un concert gratuitement pour une association lambescaine qui en a besoin, il le fera.
« Il n’y a rien d’extraordinaire à donner son temps puisqu’on l’a. »
Alors oui, Benjamin Alexandre a parcouru le monde. Il a connu les grandes scènes, les rencontres improbables et les portes que l’on n’aurait jamais imaginé voir s’ouvrir.
Mais peut-être que le plus étonnant, chez cet homme qui a tant reçu, est de constater combien il a envie de donner.
Il le résume lui-même avec une simplicité désarmante : « Ce n’est pas l’envie d’exister. C’est l’envie de donner. »
Et lorsqu’il évoque sa vie, il revient toujours aux mêmes mots : les rencontres, le respect, la bienveillance, l’amour.
Après avoir parcouru le monde, Benjamin Alexandre semble avoir trouvé ce qu’il cherche depuis toujours : des occasions de transmettre, de partager et de faire grandir les autres. À Lambesc, l’aventure continue.
Publié en juillet 2026

Une belle fierté pour notre village : aujourd’hui, Aymeric Provence, figure bien connue à Lambesc, a relevé un défi hors du commun à Naples, au cœur de l’Italie.
Âgé de 44 ans, il dirige depuis 11 ans sa salle de CrossFit à Lambesc ainsi que son centre de formation spécialisé dans la pizza et la cuisine italienne. Passionné par son métier, il a été invité à rejoindre une équipe internationale de pizzaiolos pour tenter de battre un record du monde inscrit au Guinness World Records.
L’objectif était ambitieux : dépasser les 12 000 pizzas réalisées en moins de 12 heures. Mission accomplie ! Avec près de 12 800 pizzas confectionnées en seulement 9 heures, l’équipe a largement dépassé le précédent record.
Aux côtés d’une centaine de pizzaiolos venus de plusieurs pays, dont plusieurs Français, Aymeric a participé à cette aventure exceptionnelle à l’aide de 6 fours à bois et 1 four électrique, dans un rythme ultra soutenu où chaque geste comptait.
« Le plus difficile était de tenir le rythme, supporter la chaleur et gérer les températures pour les pâtes », confie-t-il.
Après cet exploit, le sentiment qui domine est un mélange de fatigue et de fierté : « C’était très éprouvant, mais c’est une immense satisfaction de participer à un record du monde. »
Mais au-delà de la performance sportive et technique, cette journée avait surtout une forte dimension humaine.
Toutes les pizzas réalisées ont été offertes à des enfants malades ainsi qu’au public présent.
« Je suis très fier de l’aspect solidaire de cette démarche. Cela me tenait à cœur d’offrir toutes ces pizzas. Je ne me voyais pas en fabriquer des milliers pour les jeter », explique-t-il.
Pour celui qui vit une grande partie de son temps à Lambesc depuis plus d’une décennie, l’attachement à la commune est évident : « Je n’habite pas Lambesc, mais je me sens Lambescain. Ma salle de CrossFit est ici depuis 11 ans. J’y passe la majeure partie de mon temps et c’est aussi ici que je me suis entraîné quotidiennement pour toutes mes compétitions. »
Et la suite ? Malgré ce nouveau record mondial et ses nombreux titres, Aymeric ne compte pas s’arrêter là : « Je me prépare maintenant pour la Coupe du monde, Pizza World Cup, qui aura lieu au mois d’octobre. Quand est-ce que j’arrêterai ? J’arrêterai lorsque je ne décrocherai plus de titre ! »
De retour à Lambesc, Aymeric a été accueilli en mairie où il a reçu les félicitations de Monsieur le Maire, Philippe Razeyre, ainsi que de Jérémy Croizon, Adjoint au Maire délégué au Développement économique et à l’Emploi.
Un immense bravo à Aymeric pour cette réussite qui mêle passion, excellence, dépassement de soi et solidarité.
Une belle image du savoir-faire et de l’énergie qui font rayonner Lambesc ici et bien au-delà !
Formulaire - Portrait de Lambescain
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